Chroniques

Le chant noir des baleines – Nicolas Michel

Bonjour graines de livre,

Qui dit dimanche, dit article ! Que peut bien nous annoncer cette chronique à la saveur… salée.

Résumé :

1920, île de Ré, Saint-Clément-des-baleines. Léon est un jeune garçon qui vit seul avec sa mère, en marge de la société, depuis la disparition de son père lors, quelques années plus tôt, de la Première Guerre mondiale. Il pêche, ramasse des coquillages, poissons et autres mollusques. Léon ne va pas à l’école, mais découvre petit à petit ce que lui cache le monde par le biais de ses livres, ainsi qu’une précieuse encyclopédie qu’il épluche en compagnie de sa mère. Il se réfugie sur le dos d’une carcasse de baleines avec son ami l’océan, pour lequel il se confie. Seulement, le lendemain d’une terrible tempête le jeune garçon part à la découverte d’éventuel débris échoué. Des débris vomis par les mers, quand celles-ci s’affolent. Mais quand ceux-ci ressemblent à un homme de peau noire inconscient…

Mon avis :

Touchant, prenant et incroyablement entraînant. Voici les termes de ce roman que l’on apprécie déguster au côté d’un océan poignant et dévastateur qui ne cesse de nous faire chavirer. Oui, voilà un bon mot pour évoquer le torrent d’émotion que peut produire ce livre.

Un bateau a fait naufrage en laissant les courants ramener les quelques débris qui se risquent sur la berge. Une histoire au son brutal des vagues et à la douceur sucrée des liens d’amitié. Un roman puissant qui ne laisse pas la marée vous arracher le dernier mot.

Nous sommes happés de la première majuscule jusqu’au dernier point. C’est une intrigue où on ressent une profonde humanité. Le prix nous a gâté avec ses romans qui dénoncent la thématique du racisme avec légèreté. Je fus réellement contente de découvrir « Le petit prince de Harlem » et celui-ci, car la différence face aux couleurs de peau est malheureusement encore d’actualité dans la société. Cependant, je partais avec un peu d’appréhension, en ayant déjà eu l’occasion de lire des ouvrages traitant du racisme, dont un qui m’a rendu folle, à cause du cliché horripilant qu’il portait dans chacun de ses mots. Mais pour celui-ci, c’est une agréable surprise d’avoir entre les mains un roman doux, avec la volonté de partager quelque chose de fort au travers d’un épisode historique peu connu. Léon est un personnage formidable, attachant et plein de vie. Il aime parcourir la berge à la recherche de mystérieuses trouvailles… Mais quand celle-ci s’agit du corps d’un homme noir inanimé, comment réagir face à ce genre de situation ?

C’est alors le récit de cet homme dont on apprend au fil des pages la véritable identité. On comprend également que l’amitié ne se forge pas dans les simples paroles échangées ou durant les quelques moments partagés, mais dans les confidences, les rires intemporels et dans les séparations.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille et l’océan nous le montre bien. Lui si vif, si imprévisible, tel un animal en cage… Une eau qui peut faire chavirer tout ce que vous croyez avoir gagné. Un lien sensible qui menace de se briser à tout moment, voilà, là véritable philosophie de cette eau bien trop bleue.

Je vous laisse sur ces derniers mots et vous retrouve bientôt pour une chronique tout aussi maritime…

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